Interview d’Audrey Ringeard : « Le côté humain est primordial dans l’événementiel comme dans tout métier de service »

Audrey Ringeard, chef de projet événementiel

Audrey Ringeard, chef de projet événementiel

A l’heure où les agences événementielles sont plutôt pessimistes pour l’année 2009 du fait des annulations des événements, des licenciements, des réductions budgétaires car les entreprises consacrent moins d’argent à leur image mais davantage à leur rendement… et où à première vue les budgets de communication s’orientent sur le web marketing (voir billet Internet 3ème média.…), Audrey Ringeard, chef de projets événementiel chez EGC & ASSOCIES, a  bien voulu répondre à nos questions.

TB & EBC : Comment définirez-vous la communication événementielle ?

AR : Elle est vraiment diverse. J’ai travaillé chez l’annonceur où je m’occupais de l’acquisition de nouveaux clients en gérant le marketing direct et les supports papier et également la fidélisation d’un portefeuille clients en leur proposant des avantages et des promotions propres. C’était à la fois du marketing et de la communication.

Aujourd’hui je travaille en agence donc je réponds à des appels d’offre, il s’agit de communication conseil et également de diplomatie publique en créant des événements d’intérêt général que nous mettons en œuvre nous-mêmes à l’agence, projets soutenus par les pouvoirs publics (ministère, gendarmerie, collectivités…) et financés par de grandes entreprises privées. Ex : www.permispieton.com

TB & EBC : Quels sont les outils internet que vous êtes amené à utiliser ?

AR : Notamment, la création de sites Internet destinés aux familles  mais aussi la refonte de sites internet, création de blogs, et également un travail sur les sites communautaires tels que facebook pour créer du buzz.

TB & EBC : Au vue des nouvelles technologies, pensez vous que l’événementiel sera obligé de muter son activité ?

AR : Non car nous aurons toujours besoin d’un contact physique. Les nouvelles technologies apportent un élan phénoménal à notre société en règle générale mais ne pourront jamais remplacer le contact humain.

J’ai également travaillé dans l’organisation de salon. Il existe déjà des salons virtuels mais la rencontre physique entre un prestataire et son client est unique. Évidemment, pour des questions de coût, il est plus intéressant de se tourner vers les nouvelles technologies mais elles ont leur limites et également pour aller à la rencontre de nouveaux clients.

Mais, lorsque vous participez à un événement quand vous êtes client, tous vos sens sont en éveil, l’ouïe, la vue, le toucher, pourquoi pas l’odorat et le goût si vous participez à un cocktail. Placez-vous devant votre ordinateur et notez les sens que vous développez…

Le côté humain est primordial dans l’événementiel comme dans tout métier de service. Je compare souvent cela à un danseur. Quand vous voyiez un danseur danser sur une scène, tout à l’air si simple et si facile, si parfait. S’il fait un faux pas c’est là où la magie tombe et vous ne vous rappellerez que de ça. Un événement c’est pareil, pour qu’il soit réussi, tout doit couler de source. Il faut aussi savoir fidéliser ses clients. Si tout s’est bien passé la 1ère fois et que vous avez su répondre aux objectifs et besoin du client, il fera à nouveau appel à vos services lorsqu’il en aura besoin. C’est toute la satisfaction que l’on trouve dans ce métier qui est à la fois créatif et très opérationnel

TB & EBC : Comment voyez vous l’avenir de l’événementiel ?

AR : Je pense tout d’abord qu’il va falloir laisser passer 2009… Il faut aussi savoir se diversifier. L’agence dans laquelle je travaille est la seule en France à faire de la diplomatie publique.  C’est-à-dire qu’elle met en œuvre des projets d’action concrète, tangible, massive et d’intérêt général, déployé par le secteur public (collectivités, gendarmerie, police nationale…) et financé par une ou plusieurs grandes entreprises privées. Il y a beaucoup d’agences et beaucoup de gens également qui veulent travailler dans ce secteur car il attire par son côté « fun ». Le secteur est bouché et peine à trouver un nouvel essor.

TB & EBC : Au vu de cette crise qui touche votre secteur, est-ce que pour vous l’internet ne pourra-t-il pas être une valeur refuge ?

AR : Pour travailler dans l’internet au sein d’une web agency je pense qu’il faut avoir des compétences techniques qui demandent une formation, ce qui n’est pas mon cas. Je peux refondre un site dans son arborescence, son graphisme, avoir une activité de conseil, créer un blog mais je n’ai pas de notions techniques. Je ne suis pas non plus webmaster donc l’événementiel au sein des activités Internet pour un chef de projet a ses limites.


Yann Gourvennec : “« L’internet, ce n’est pas prestigieux c’est plus efficace »

Yann GourvennecDans le cadre, toujours de mon mémoire, j’ai eu la chance de rencontrer avec mon binôme Elodie, l’auteur du site visionarymarketing.com : Yann Gourvennec. J’ai pensé intéressant de vous faire partager, quelques brides de notre interview avec ce spécialiste du Marketing de l’innovation et des TIC. D’ailleurs, si d’autres personnes veulent nous faire partager leurs réflexions sur notre sujet de mémoire : le marketing 2.0 : la fin de l’événementiel annoncé ?, n’hésitez pas !


TB & EBC : Quels outils des TIC utilisez-vous le plus fréquemment ?

YG : Pour ma part, l’internet mobile est l’outil que j’utilise le plus.

TB & EBC : Quels avantages y trouvez-vous ?

YG : Le principal avantage est le gain de productivité. Dans le cas de l’internet mobile, cela me permet de gagner en moyenne 1 heure par jour !  Il y a 10 ou 15 ans, nous étions capables de gérer un ou deux projets. Avec la web conférence, par exemple, ce chiffre passe à dix.

TB & EBC : Considérez-vous les TIC comme indispensables aujourd’hui ? Et si oui, pourquoi ?

YG : Les budgets de communication basculent progressivement sur internet. Or avec la crise, la situation des médias traditionnels est rendue encore plus difficile. Nous pouvons tout mesurer par rapport à internet, mal certes, mais nous le pouvons ! En mettant une publicité dans la rue ou dans un journal, on ne peut pas mesurer aussi précisément son impact.

TB & EBC : Pensez-vous que les médias dits « classiques » sont promis à disparaître au profit des TIC ?

YG : Il y a de plus en plus de journaux qui disparaissent, comme le Los Angeles Time ou encore le Chicago Tribune, aux Etats-Unis. C’est bien dommage. Mais c’est un fait. Encore une fois, internet prend le relais car il permet aux annonceurs de mesurer l’impact de leurs campagnes et de mieux cibler leurs contenus.

TB & EBC : Les TIC ont donc un impact direct sur le marketing ?

YG : Le marketing a une mauvaise image, car il est malmené par ceux qui s’en servent. La responsabilité vis à vis des clients a changé, et beaucoup ne sont pas assez respectueux d’eux. Aujourd’hui, l’internaute adopte une attitude très condescendante : le visiteur nous fait l’honneur de visiter notre blog alors que ça devrait être l’inverse. Car le blog est utile à son travail, aux problèmes qu’il peut rencontrer.

TB & EBC : Comment voyez-vous l’avenir du marketing justement ?

YG : Dans le monde de la communication, il va y avoir beaucoup de remises en question, car les budgets se réduisent. Le marketing des TIC est un domaine très complexe. Il est difficile de prédire son orientation. Cependant, nous pouvons voir qu’il se dirige vers ce qu’on appelle le 360°.

TB & EBC : Selon François Laurent, dans son livre le marketing 2.0, les sites internet et autres blogs n’offrent pas de réels échanges. Êtes-vous d’accord avec lui ?

YG : C’est vrai, même s’il faut nuancer ces propos et les remettre dans le contexte. Le marketeur traditionnel est toujours là. Il ne sert pas à grand chose, il ne marche pas bien mais bon, il est là. … Pour le B to B, le relationnel reste prédominant. Les acheteurs sont plus nombreux, nous les voyons, nous les connaissons. Et puis, il est important de rappeler qu’Internet ne touche encore aujourd’hui que la moitié de la population. Les annonceurs l’utilisent de plus en plus mais ne le considèrent pas encore comme un média crédible.

TB & EBC : Donc l’événementiel aurait encore une place aujourd’hui ?

YG : L’événementiel est là pour valoriser. L’internet, ce n’est pas prestigieux c’est plus efficace certes mais ce n’est pas prestigieux.

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