Interview d’Audrey Ringeard : « Le côté humain est primordial dans l’événementiel comme dans tout métier de service »
18 février 2009 1 Commentaire

Audrey Ringeard, chef de projet événementiel
A l’heure où les agences événementielles sont plutôt pessimistes pour l’année 2009 du fait des annulations des événements, des licenciements, des réductions budgétaires car les entreprises consacrent moins d’argent à leur image mais davantage à leur rendement… et où à première vue les budgets de communication s’orientent sur le web marketing (voir billet Internet 3ème média.…), Audrey Ringeard, chef de projets événementiel chez EGC & ASSOCIES, a bien voulu répondre à nos questions.
TB & EBC : Comment définirez-vous la communication événementielle ?
AR : Elle est vraiment diverse. J’ai travaillé chez l’annonceur où je m’occupais de l’acquisition de nouveaux clients en gérant le marketing direct et les supports papier et également la fidélisation d’un portefeuille clients en leur proposant des avantages et des promotions propres. C’était à la fois du marketing et de la communication.
Aujourd’hui je travaille en agence donc je réponds à des appels d’offre, il s’agit de communication conseil et également de diplomatie publique en créant des événements d’intérêt général que nous mettons en œuvre nous-mêmes à l’agence, projets soutenus par les pouvoirs publics (ministère, gendarmerie, collectivités…) et financés par de grandes entreprises privées. Ex : www.permispieton.com
TB & EBC : Quels sont les outils internet que vous êtes amené à utiliser ?
AR : Notamment, la création de sites Internet destinés aux familles mais aussi la refonte de sites internet, création de blogs, et également un travail sur les sites communautaires tels que facebook pour créer du buzz.
TB & EBC : Au vue des nouvelles technologies, pensez vous que l’événementiel sera obligé de muter son activité ?
AR : Non car nous aurons toujours besoin d’un contact physique. Les nouvelles technologies apportent un élan phénoménal à notre société en règle générale mais ne pourront jamais remplacer le contact humain.
J’ai également travaillé dans l’organisation de salon. Il existe déjà des salons virtuels mais la rencontre physique entre un prestataire et son client est unique. Évidemment, pour des questions de coût, il est plus intéressant de se tourner vers les nouvelles technologies mais elles ont leur limites et également pour aller à la rencontre de nouveaux clients.
Mais, lorsque vous participez à un événement quand vous êtes client, tous vos sens sont en éveil, l’ouïe, la vue, le toucher, pourquoi pas l’odorat et le goût si vous participez à un cocktail. Placez-vous devant votre ordinateur et notez les sens que vous développez…
Le côté humain est primordial dans l’événementiel comme dans tout métier de service. Je compare souvent cela à un danseur. Quand vous voyiez un danseur danser sur une scène, tout à l’air si simple et si facile, si parfait. S’il fait un faux pas c’est là où la magie tombe et vous ne vous rappellerez que de ça. Un événement c’est pareil, pour qu’il soit réussi, tout doit couler de source. Il faut aussi savoir fidéliser ses clients. Si tout s’est bien passé la 1ère fois et que vous avez su répondre aux objectifs et besoin du client, il fera à nouveau appel à vos services lorsqu’il en aura besoin. C’est toute la satisfaction que l’on trouve dans ce métier qui est à la fois créatif et très opérationnel
TB & EBC : Comment voyez vous l’avenir de l’événementiel ?
AR : Je pense tout d’abord qu’il va falloir laisser passer 2009… Il faut aussi savoir se diversifier. L’agence dans laquelle je travaille est la seule en France à faire de la diplomatie publique. C’est-à-dire qu’elle met en œuvre des projets d’action concrète, tangible, massive et d’intérêt général, déployé par le secteur public (collectivités, gendarmerie, police nationale…) et financé par une ou plusieurs grandes entreprises privées. Il y a beaucoup d’agences et beaucoup de gens également qui veulent travailler dans ce secteur car il attire par son côté « fun ». Le secteur est bouché et peine à trouver un nouvel essor.
TB & EBC : Au vu de cette crise qui touche votre secteur, est-ce que pour vous l’internet ne pourra-t-il pas être une valeur refuge ?
AR : Pour travailler dans l’internet au sein d’une web agency je pense qu’il faut avoir des compétences techniques qui demandent une formation, ce qui n’est pas mon cas. Je peux refondre un site dans son arborescence, son graphisme, avoir une activité de conseil, créer un blog mais je n’ai pas de notions techniques. Je ne suis pas non plus webmaster donc l’événementiel au sein des activités Internet pour un chef de projet a ses limites.

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