INTERVIEW de Nicolas Leclerc – L’industrie pharmaceutique, [...] est déjà un précurseur du marketing 2.0
26 février 2009 Laisser un commentaire
Toujours dans le cadre de mon mémoire, j’ai réalisé l’interview de Nicolas Leclerc, le directeur associé, d’Atout 21, agence de communication santé du 21ème siècle, spécialisée dans les nouveaux médias. Il nous confie ainsi sa vision du web 2.0 et de son application dans le milieu de la santé, notamment au coeur des stratégies de communication des laboratoires pharmaceutiques.
TB & EBC : Face à la crise, comment se porte le secteur de la communication santé ?
N.L : Les agences qui n’ont pas su évoluer connaissent quelques difficultés. Les laboratoires pharmaceutiques cherchent à rationaliser leurs coûts dans la publicité et la communication. Notamment, en essayant d’optimiser au mieux leurs investissements grâce à des outils de quantification de l’impact des campagnes de publicité qu’ils mettent en place.
TB & EBC : Comment définirez-vous le web 2.0 ?
N.L : Pour moi, le web 2.0. est une évolution et non une révolution. Les réseaux sociaux et le web « collaboratif » existent depuis le début du web. La différence est qu’ils sont désormais accessibles plus facilement et à un plus grand nombre, et pas seulement à une communauté de geeks.
TB & EBC : L’utilisation du web 2.0 peut-il provoquer des réticences face aux contraintes des laboratoires pharmaceutiques ?
N.L : Oui, en France, la réglementation sur la publicité des médicaments permet difficilement d’utiliser le web 2.0 pour mettre à disposition en libre échange des informations sur les médicaments délivrés sur prescription. L’utilisation des outils du web 2.0 devra par conséquent être adaptée aux contraintes de ce secteur.
TB & EBC : Pouvez-vous être amené à créer une campagne publicitaire interactive dans le cadre d’un événement ? Si oui, quels outils mettez-vous en place ?
N.L : Nous mixons les outils de marketing interactifs dans le cadre d’un événement tels que des sites événementiels, de l’emailing, du buzz, des bannières de pub, etc. Récemment, nous avons même été amenés à utiliser des sites communautaires pour cibler des populations plus jeunes.
TB & EBC : Quel est l’intérêt pour l’industrie pharmaceutique d’orienter la communication vers le web 2.0 plutôt que l’événementiel ?
N.L : Le web 2.0 permet aux laboratoires de communiquer autrement. L’innovation est un facteur clé de succès que ce soit dans la recherche ou dans la communication. Ils ne peuvent donc pas faire l’impasse sur le Web 2.0.
De plus, contrairement à l’événementiel, le web 2.0 permet de faire participer, échanger, discuter les professionnels de santé sur des sujets scientifiques sans contrainte géographique ni de temps.
TB & EBC : Pensez-vous que des agences, telles que la vôtre, spécialisées dans la communication nouveaux médias, puissent amener les agences de publicité dites plus « classiques » à disparaître ?
N.L : Non, car les annonceurs n’auront pas systématiquement uniquement recours aux nouvelles technologies, tout dépendra de leurs objectifs, de leurs cibles et du type de message qu’ils souhaiteront délivrer. Néanmoins, les agences de publicité devront davantage collaborer avec des agences comme la nôtre dans leur réflexion stratégique et opérationnelle.
TB & EBC : Comment voyez-vous l’avenir du marketing 2.0 ?
N.L : Si le web 2.0 a déjà commencé à modifier nos modes de communication, de son côté le marketing 2.0 n’a pas encore su transformer l’essai. Il y a encore beaucoup de choses à faire mais les annonceurs ont du mal à intégrer des logiques d’échange et de collaboration avec les consommateurs devenus acteurs. L’industrie pharmaceutique, de part son secteur d’activité et l’importance des échanges qu’elle doit avoir avec tous les professionnels de santé et les patients, est déjà un précurseur du marketing 2.0. Il ne lui reste plus qu’à mettre en place des outils du web 2.0 et nous sommes là pour l’accompagner.

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